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MontbaZine 2017



Les 9 défis agricoles d’Emmanuel Macron


1. Mettre fin à la précarité des agriculteurs français
Un tiers des agriculteurs gagne moins de 500 euros par mois et un autre tiers gagne moins que le smic, avec un volume de travail dépassant souvent 60 heures par semaine. Les revenus très faibles, voire négatifs, que dégagent les producteurs dans de nombreuses filières, comme l’élevage porcin ou laitier, doivent être mis en relation avec le coût des engrais, pesticides et autres achats intermédiaires dont les prix augmentent ainsi qu’avec le poids de l’endettement des exploitations.

2. Reconquérir la souveraineté alimentaire
La politique agricole commune (PAC), les banques et les pouvoirs publics ont encouragé l’agrandissement des exploitations et leur passage à une gestion d’entreprise de type capitaliste. Ces structures sont en réalité extrêmement fragiles face à la concurrence des immenses exploitations américaines, argentines, brésiliennes, ukrainiennes… Le poids excessif des facteurs de production importés – par exemple le soja destiné aux élevages - fait sérieusement pâlir le bilan de nos exportations.

3. Soutenir l’agriculture familiale au Sud
L’aide au développement de la France et de l’Europe vis-à-vis des pays du Sud doit renforcer l’agriculture familiale, selon les recommandations des rapporteurs des Nations unies pour le droit à l’alimentation Olivier De Schutter et Hilal Elver.

4. Passer de l’agriculture conventionnelle à l’agroécologie
L’agriculture conventionnelle fait un appel démesuré à une mécanisation lourde (perte du carbone du sol, tassement, érosion), aux engrais chimiques (consommation de pétrole intense pour les fabriquer) et aux pesticides qui déséquilibrent la physiologie de la plante. Pour mettre en œuvre des systèmes productifs favorables à la qualité des eaux et des sols, à la biodiversité, au cadre de vie paysager et fournissant des produits de qualité, il faudra aussi que les producteurs reçoivent une rémunération suffisante et bénéficient de débouchés.

5. Protéger la santé de nos concitoyens
L’agriculture conventionnelle, en faisant entre autres un grand usage des pesticides, nuit à la santé des agriculteurs. C’est aussi un problème extrêmement grave pour l’ensemble de la population.

6. Réviser les critères de rentabilité
Les paysans-agriculteurs ont été sans cesse poussés à investir jusqu’à saturation de leur capacité de travail et financière. Ils ne disposent plus du temps de réflexion indispensable à une saine autonomie de décision.

7. Retrouver des exploitations à taille humaine
« Nous voulons des voisins, pas des hectares ». Ce cri du cœur d’agriculteurs donne à réfléchir sur l’utilité des agrandissements : ne serait-il pas préférable de favoriser de nombreuses exploitations de taille moyenne, c’est-à-dire à taille humaine, en recherche de créativité, d’économie et d’autonomie, fonctionnant en réseau d’échanges d’expériences et de matériels ?

8. Restaurer les sols
L’avenir de l’agriculture et de notre alimentation doit reposer sur des sols à forte activité biologique, à l’image des meilleurs sols forestiers. L’obtention de tels sols, garants d’une productivité soutenue sur long terme, nécessite le maintien d’une population significative d’exploitations de taille moyenne, seules aptes à l’entretien d’une végétation protectrice permanente et d’une diversité des cultures, de la faune et de la flore qui fabriquent littéralement les sols.

9. Diversifier et inventer ensemble
Face aux changements climatiques et aux impasses de l’agriculture conventionnelle, il faut créer des agro-écosystèmes résilients, en mobilisant les connaissances récentes sur le fonctionnement des sols et sur le rôle clé de végétations diversifiées. Il faut s’appuyer sur les savoir-faire et les échanges de savoir des petits et moyens producteurs engagés dans l’agroécologie afin de renforcer l’autonomie de leurs exploitations, diversifier leurs cultures et leurs élevages, régénérer les sols. Il faut redonner aux paysans-agriculteurs le temps et les moyens de réfléchir ensemble à l’échelle de leur canton ou de la petite région et de retrouver imagination et créativité avec l’aide d’animateurs en lien avec les formateurs et les chercheurs.

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