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MontbaZine 2018



Escale à Sète.



Un voyage dans l’espace-temps de notre imaginaire fantasque, dans le rêve brouillé des embruns et des soleils voilés, dans l’irrépressible et mystérieuse tentation de conquête de l’horizon liquide et fuyant. Comme vous, j’en suis sûr, j’ai laissé mon esprit vagabonder le long des voiles célestes. Et quand l’Hermione s’est glissée délicatement le long du quai, je revis La Fayette, en 1780, sur le pont de la frégate partir vers le Nouveu Monde.
 
L’Amérique, ce pays-continent qui avait déjà proclamé son indépendance en 1776 mais restait, de fait, sous domination anglaise. Et ce furent bien les français, sous l’impulsion et le commandement de cet illustre marquis promu général que fut La Fayette, qui gagnèrent les batailles terrestres et navales décisives qui consacrèrent réellement l’indépendance des Etats-unis. En mer, dans la baie de Chesapeake et sur le continent dans les batailles qui sont reconnues comme "le triangle historique", à savoir les villes de Yortown, Williamsburg et Jamestown.

Et voilà que je me souvins d’un possible ancêtre patronymique, un certain Adam Stubert, soldat tué lors de la bataille de Williamsburg [voir] le 21 octobre 1781 comme 2111 autres soldats français dans toutes les batailles. Il était originaire du duché "des Deux-Ponts" (Zweibrücken en allemand, dans le Palatinat-Rhénanie [voir]), incorporé dans un régiment du même nom (Deux-Ponts [voir]), régiment mis à la disposition du roi de France pour participer à la campagne militaire menée en Amérique. C’est ainsi qu’une armée de 6000 hommes, sous les ordres du général Rochambeau, fut rassemblée. La traversée de l’Atlantique fut confiée à l’amiral de Ternay qui organisa une escadre pour aller prêter main forte à La Fayette. Constituée de 7 vaisseaux, de 6 frégates, accompagnée de 36 bâtiments de transport, l’escadre partit de Brest le 2 mai 1780 pour jeter l’ancre à Newport le 5 juillet. Le soldat Stubert était embarqué sur le vaisseau "l’éveillé", 2ème du nom, armé de 64 canons, commandé par de Tilly.

Et voilà, j’en ai fini avec mon vagabondage germé dans les vieux gréments de Sète.

Si l’on doit remercier les américains d’avoir largement contribué à la libération de la France lors de la deuxième guerre mondiale, l’histoire nous dit qu’il y a plus de deux siècles, les américains durent pour une bonne partie leur indépendance définitive aux français.

Yvon Stubert (01-04-2018)