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MontbaZine 2018

 




"C’est pas trop Thau"


"Foirum de Montbazin"


"Chaussée des graulas"



Déviation excentrique
Chronique N°50

Prenons la route en marchant (ou LREM si vous préférez). Souvenez-vous : le jour de la Saint–Gildas (ce religieux, frère de Mailocus, qui, comme le narrent les annales, se fâcha avec le roi Maglocunus – et je n’invente rien –), les échevins nous présentèrent en halle publique le tracé de la nouvelle voie devant contourner le village. C’était le 29 janvier. On allait voir ce qu’on allait voir ! Charrettes, chèvres et autres grues, bœufs et serfs seraient incessamment – sous peu – très bientôt – demain peut-être, sur le chantier promis en des temps reculés par un autre cénobite, le Saint–Glinglin.

Hélas, sœur Anne ne vit rien venir... Pas même un pavé sur les accotements, tous ces gros cailloux ayant été réservés par le Puy du Fou pour monter un spectacle sur le cinquantenaire de mai 68. Mais, que diable, pourquoi rien n’avance ? j’ai voulu en avoir le coeur net et décidai de mener mon enquête. C’est ainsi que je chaussai mes galoches et me mis à arpenter le chantier. Quelle ne fut pas ma surprise, au détour d’un talus, de rencontrer un vieil homme chenu, accroupi et affairé au beau milieu du trajet. Comme je toussotais, il releva la tête avec étonnement. C’est alors que je reconnus le professeur Lucas Nullart, éminent ornithologue de la faculté. Il ne tarda pas à éclairer ma lanterne : spécialiste des espèces ailées du crétacé supérieur, il avait fait une découverte fantastique : des œufs fossilisés d’archéoptérix, le plus ancien oiseau préhistorique connu, se trouvaient au fond d’un nid de poule au beau milieu du tracé de la chaussée. Un dinosaure à plumes, mais oui, retrouvé à Montbazin ! De quoi faire blêmir de jalousie les descendants des aztèques vénérant leur Quetzalcoatl, simple serpent à plumes. Lucas Nullart ajouta qu’un accord venait d’être conclu entre la L.P.O. et la L.P.D. (ligue de protection des dinosaures) ; que les collectivités, pour ne pas être contraintes d’abandonner le chantier et de créer une nouvelle déviation entre le village et Gigean, obligeant au passage la destruction du moulin de Juffet, acceptèrent de modifier profondément le projet. Ainsi, pour laisser au paysage son aspect naturel, mais aussi pour permettre la circulation des véhicules, la chaussée ne serait pas recouverte d’asphalte. Ce qui permettrait de préserver l’aspect médiéval de Montbazin, à la grande satisfaction de ses vieilles familles millénaires.
De retour au bourg, j’appris que la décision était en effet actée et qu’une consultation des habitants allait être organisée : quel nom donner à cette route d’un style nouveau ? l’appellation "la voie domitienne" étant déjà prise, il fallait plutôt centrer les propositions vers la période médiévale reflétant à merveille notre image locale. On s’arrêta alors sur les propositions suivantes :
La "c’est pas trop Thau" ;
Le "foirum de Montbazin" ;
La "chaussée des graulas" (corneilles en occitan).

Vous pouvez voter dès maintenant en exprimant votre choix sur MontbaZine, sans oublier de défendre votre point de vue.

Brettus (02-04-2018)