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MontbaZine 2019


Le Turc mécanique

Le Turc mécanique ou l’automate joueur d'échecs est un célèbre canular construit à la fin du XVIIIe siècle : il s’agissait d'un prétendu automate doté de la faculté de jouer aux échecs.



Construit et dévoilé pour la première fois en 1770 par Johann Wolfgang von Kempelen, le mécanisme semblait capable de jouer contre un adversaire humain, ainsi que de résoudre le problème du cavalier, un casse-tête qui exige de déplacer un cavalier afin d'occuper une seule fois chaque case de l'échiquier.

Ce mécanisme n'était qu'une illusion permettant de masquer la profondeur réelle du meuble. Celui-ci possédait un autre compartiment secret dans lequel un joueur humain pouvait se glisser, et manipuler le mannequin, comme un marionnettiste, sans être vu (1).














  • Crowdsourcing en france

  •  Amazon Mechanical Turk

    Le "Turc mécanique d'Amazon" (2) est un service de micro-travail (3) lancé par Amazon.com en 2006. C'est une plateforme web de crowdsourcing (4) qui vise à faire effectuer par des humains, contre rémunération, des tâches plus ou moins complexes.

    Les tâches en question doivent être dématérialisées ; il s'agit souvent d'analyser ou de produire de l'information dans des domaines où l'intelligence artificielle est encore trop peu performante, par exemple l'analyse du contenu d'images (5)



    Sur la plate-forme d’Amazon, ils effectuent des tâches répétitives pour quelques cents, bien en dessous du salaire minimum. Ces ultraprécaires du numérique sont indispensables aux algorithmes des entreprises de la Silicon Valley.

    Marie, employée dans la banlieue du New ­Jersey, une tasse de café à la main, elle fait défiler les tâches qui lui sont proposées. Transcrire une vidéo de 35 secondes, 5 cents. Écrire la description commerciale d’un produit, 12 cents. Noter des photos d’hommes pour un site de rencontres, 3 cents. Répondre à une étude scientifique, 10 cents. Marie "clique pour Amazon", quelques heures par jour en plus de son travail et de ses taches ménagères pour un maigre complément à son salaire (6).

    Comme Marie, ils sont 500 000 "turkers" à s’être inscrits sur la plate-forme lancée en 2006 ; des milliers d’ouvriers du clic, aux Etats-Unis ou en Inde, qui espèrent y trouver un complément de revenu, voire un moyen de subsistance. Ils y voient un emploi sans patron, qui ne demande qu’un ordinateur connecté à Internet, que l’on peut accomplir quand et où l’on veut, et quitter tout aussi facilement.