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MontbaZine 2020



Cancel Culture

De la critique ou du harcèlement ? Des youtubeurs s’érigent contre la "cancel culture" Perrine Signoret : www.numerama.com

La "cancel culture" consiste à faire en sorte qu'un créateur ou une créatrice de contenus soit désavouée publiquement, par un effet de masse généré par les actions individuelles de leurs nombreux opposants. Elle mène parfois au harcèlement.



Faut-il "cancel" (annuler, bannir) la "cancel culture" sur YouTube ? Plusieurs vidéastes ont pris la parole début septembre contre ce phénomène qui consiste, à l’origine, à bouder une personne publique qui a commis une action problématique. Selon certains d’entre eux, cela irait désormais trop loin. La cancel culture ne serait parfois qu’une forme de harcèlement qui ne dit pas son nom.

"Annuler" quelqu’un revient à lui faire comprendre qu’il n’est plus soutenu sur le Web. L’annulation peut prendre plusieurs formes : une vague de pouces rouges ou vers le bas pour marquer sa désapprobation, une perte massive d’abonnés ou encore des commentaires qui rappellent les faits de manière insistante (on parlera du scandale sous tous les contenus publiés, afin qu’il soit très visible). Il arrive que les internautes exhument aussi de vieilles publications des réseaux sociaux, ce qui a pour effet d’alimenter les critiques.

Ce qui caractérise la cancel culture est aussi son ampleur. Elle ne fonctionne que si des centaines, milliers voire millions de personnes se prêtent au "jeu".

Le terme est né il y a plusieurs années. Sur Google Trends (1), on remarque que des internautes effectuaient des recherches à son propos en 2014 : un pic est observé en France à cette époque. Il semble en revanche avoir pris une ampleur toute particulière depuis quelques mois,en parallèle de l’avènement des hashtag #BalanceTonPorc (2) et #MeToo (3), dans lesquels des femmes principalement dénonçaient leurs agresseurs et harceleurs sexuels.