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MontbaZine 2020







  Illustration Joost Swarte



Les robots vont-ils voler nos emplois ?

Qui, et tant mieux! Car ils vont nous permettre d'en créer beaucoup d'autres. Fini les petits boulots ingrats, tâches répétitives et autres accidents du travail. Grâce à la robotisation de notre quotidien, la servitude – volontaire ou non – ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir. L'homme va pouvoir mettre son énergie au service de la création, de l'innovation, de l'amélioration de ses conditions de travail. Car, contrairement à ce qu'affirment certains slogans populistes, le sens de l'Histoire n'est pas de travailler plus, mais moins et mieux. Un tel bouleversement doit s'accompagner d'une refonte totale de la formation et de la mise en place d'un plan de reconversion pour les filières les plus menacées, sur le modèle de la politique de croissance verte initiée par le Grenelle de l'environnement pour répondre à la pénurie d'emplois dans les secteurs de l'énergie ou de l'habitat écologique.

Comme l'informatique avant elle, la robotique va créer des milliers de nouveaux postes,
de la confection à la surveillance des robots qui, demain, balaieront les rues ou manipuleront des scalpels. Le syndicat des entreprises de technologies de production (Symop (1) ) affirme même de que les machines vont permettre de robocaliser certains métiers industriels menacés d'être transférés à moindre coût à l'autre bout du monde. Attention tout de même à ne pas transformer le rêve mécanique en rêve capitaliste. Le robot ne fait pas de pause clope, ne prend pas trois mois de congé maternité et ne s'encarte pas à la CGT. Ce petit soldat obéissant doit permettre à l'homme de réfléchir à sa nouvelle place sur terre et non l'inciter à se vautrer dans l'oisiveté et la surconsommation.

Usbek & Rica (N°2 automen 2010)