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MontbaZine 2020












Retrouvailles

Bonjour, vielle canaille. Familiarité qu’il faut prendre bien sûr dans sa déclinaison du 7ème art : celle de la mère Mitchell, du teint jauni et du frère Jacques. Avec une malicieuse interpellation du cas "2R ", excellent détachant par ailleurs mais, on le constate, pas du tout détaché de la vie du village. Qui s’adresse à Brettus, mon double modeste (et fier de l’être) fils d’Hercule et donc descendant de Zeus. Vous n’imaginez pas le diamètre de mes chevilles en ce moment, et ça n’a rien à voir avec les piqûres de moustiques. Encore heureux que je ne sois pas le fils de Jupiter (l’imposteur), car je serais alors rongé par la honte.
On l’a compris : dès que l’on parle d’Hercule, on pense à ses travaux. Et ça tombe bien, puisque c’est la rentrée. Mais, n’étant parmi les zeureux zélus, je laisse ce labeur aux nouvelles zélites. Qui, après avoir triomphé du lit on dort de mémé (attention, c’est très tiré par les cheveux de la vieille) à la fin du confinement (1er travail du demi-dieu) et concocté une excellente recette à bas d’hydre de lerne (2ème travail, mais ici on dit pouffre sétois). Je vous passe les travaux suivants : le sanglier, la biche, les oiseaux, le taureau, les juments, la ceinture, les écuries, les bœufs, les pommes d’or et le méchant chien. Douze travaux en tout qu’ils doivent se farcir, au figuré quand même, les petits nouveaux. Sans oublier le 13ème travail avec les associations. Et comme on ne porte pas les mêmes lunettes, toi qui m’interroge sans en avoir l’R, ni 2R d’ailleurs, je peux te dire qu’ils ont bien balayé sous le tapis du sujet. En invitant cordialement tous les responsables pour faire connaissance, discuter, écouter et proposer. Vraiment du nouveau sous les mûriers platanes.


 


De plus, je constate avec plaisir qu’ils sont des partageux, dans le domaine, pour que tout le monde ait sa place au soleil (c’est vrai qu’il faut parfois se serrer pour ne laisser personne à l’ombre). Ils ont bien échangé, c’est mon petit doigt qui le dit et c’est pour ça que je mets un pouce en l’air. Ce qui ne m’empêche pas par contre d’avoir les bras qui tombent quand on parle de communication. Le site internet municipal est, depuis son origine, une morne plaine en jachère ; quant au panneau lumineux, il a perdu la plupart de ses dents particulièrement LEDS ; je le regarde avec pitié, mais comme je suis, malgré moi, un vieux de la vieille, je crois que, dans l’attente d’infos fibrés ou en 5G (on l’aura un jour, on l’aura!), on peut encore faire confiance à la bonne feuille de papier dans les boîtes. En effet, bien faire quand le fer est chaud relève du savoir-faire, mais le faire savoir est une affaire à faire. Enfin, l’attente du dispositif de démocratie participative nous rend fébriles et nous fait tous saliver (un bon test aujourd’hui). Faut savoir que c’est un embryon qui grossit à vue d’œil, mais qui, comme tout bébé à venir, à encore besoin de croître in utero quelques semaines pour qu’il pousse enfin ses premiers cris. Et c’est promis : il sera porté haut par ses 12 papas et ses 11 mamans (spirituels, c’est pas une partouze) - s’ils reconnaissent tous leur paternité - avant Noël. Vous voyez la Cène : un petit Jésus montbazinois qui posera la croix et brandira notre bannière populaire en clamant "venez à moi..."!
C’est que je crois, pour nous autres villageois, à l’unité. Qui pour exister, doit se faire plurielle. Désolé de terminer par un oxymore… de rire !
A ta santé, chère lectrice. Choquons fraternellement nos deux V’R !

Brettus "Opus 45"  (24-09-2020)