*
MontbaZine 2021




  




Olivier Dubois,
journaliste français,
otage depuis 6 mois au Mali


Les minutes lui semblent être des heures et les heures des jours entiers, depuis six mois. "On me dit d’être patiente, mais je suis déjà à bout de forces", commente Déborah Al-Hawi Al-Masri, cette française de 35 ans, vissée à ses deux téléphones. Depuis le 8 avril, elle vit dans l’attente et l’espoir de voir son compagnon, le journaliste français Olivier Dubois, sortir de sa captivité. Ce jour-là, à Gao, dans le nord-est du Mali, une zone où pullulent les katibas djihadistes depuis le déclenchement de la guerre en 2012, Olivier Dubois a été enlevé, après avoir voulu interviewer un chef intermédiaire du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaida).

Un journaliste exigeant
Olivier Dubois écrit son premier reportage pour cet hebdomadaire malien le 20 novembre 2015. Son récit de l’attentat perpétré au Radisson Blu, un grand hôtel de Bamako, fait la « une » du journal. Le journaliste est alors l’un des premiers sur place, pour raconter, minute par minute, cette attaque qui a coûté la vie à 22 personnes et qui fut revendiquée par Al-Mourabitoune, un groupuscule affilié au GSIM.

Au Journal du Mali, Olivier Dubois gravit les échelons et devient le rédacteur en chef du site Internet. « Olivier impulsait une volonté de faire mieux et plus. C’est un journaliste exigeant. Strict sans être méchant », détaille Boubacar Sidiki Haidara, l’actuel rédacteur en chef, qui était stagiaire quand Olivier est arrivé dans la rédaction. Il forme volontiers les novices mais intimidait aussi certains stagiaires. « Monsieur Olivier », le surnommaient les uns, quand les autres tentaient parfois de s’en aller sur la pointe des pieds les soirs de bouclage, par crainte de voir le Français leur demander une énième correction ou précision sur leur article.

Source : Le Monde  (09-10-2021)