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Covid-19 : la France résiste à la 5e vague, mais jusqu’à quand ?

Alors que la situation épidémique se dégrade petit à petit dans le pays, les spécialistes s'inquiètent. Le pass sanitaire serait bénéfique, mais la situation pourrait vite tourner.


La France va-t-elle être épargnée par la cinquième vague de Covid-19 ? C'est la question qui est sur toutes les lèvres aujourd'hui alors que le taux d'incidence est proche des 100 cas pour 100.000 habitants selon le gouvernement, soit le double du seuil d'alerte. En Europe, dix pays sont dans une situation "très inquiétante" et certains n'ont pas hésité à prendre de nouvelles restrictions comme en Autriche ou aux Pays-Bas. Mais pour le moment, la France résiste. Pourquoi ?

Selon le Journal du dimanche qui cite une étude de l'Université d'Oxford, la mise en place de pass sanitaires ou passeports vaccinaux est la principale cause de cette situation un peu meilleure que dans le reste de l'Europe. Ainsi, que ce soit en France, au Danemark, en Israël, en Italie, en Allemagne ou en Suisse, le pass sanitaire a favorisé le recours à la vaccination en moyenne vingt jours avant sa mise en place. Et selon les chercheurs qui ont sorti cette étude, c'est en France qu'il a été le plus prépondérant. Avec une vaccination massive (près de 51,4 millions de personnes ayant reçu au moins une dose), l'épidémie a été jugulée cet été.

La vaccination ne suffira pas
Cependant, cela sera-t-il suffisant ? Rien n'est moins sûr. La France est dans un entre-deux et la situation se dégrade trop rapidement selon l'ancien directeur général de la Santé, William Dab interrogé par Le Parisien, qui alerte : "Le taux de reproduction du virus est à 1,2, ce qui veut dire que le nombre de nouveaux malades double tous les 15 à 20 jours." Pire pour l'épidémiologiste Renaud Piarroux pour qui "la lune de miel est terminée". Aujourd'hui, même si la campagne vaccinale a mis du temps à se mettre en place, ce petit retard explique pourquoi la France est encore dans une position relativement stable.

Mais avec le relâchement des gestes barrières, l'hiver ou la reprise scolaire, les spécialistes le craignent : "Si on ne change rien, on va se retrouver avec 30 000 à 40 000 cas au 15 décembre", note William Dab dans Le Parisien. Il faut pour cela intensifier la campagne de rappel vaccinal pour tous les plus de 30 ans, et ce, très rapidement, alerte Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis à Paris. Dans le JDD, elle estime que si la prudence n'est pas de rigueur, "beaucoup de facteurs peuvent conduire rapidement à une accélération de la circulation du virus". Immunité augmentée, aération, gestes barrières… autant d'éléments à ne pas négliger, car Anne-Claude Crémieux l'assure, "la vaccination seule ne sera pas suffisante".

Source : www.capital.fr