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MontbaZine 2022



 



Que sommes-nous prêts
                        à sacrifier pour l’Ukraine ?


Les populations des pays occidentaux sont-elles prêtes à sacrifier une partie de leur confort matériel pour lutter contre la déstabilisation de l’ordre mondial issu de la fin de la guerre froide ? Vladimir Poutine fait le pari que non, s’inquiète ce journaliste britannique.

Pour bon nombre d’entre nous qui vivons confortablement à l’Ouest, la guerre en Ukraine est un évènement dont nous peinons à mesurer l’ampleur. Dès le départ, nos dirigeants ont clairement fait comprendre qu’ils n’enverraient pas un seul soldat occidental pour aider les Ukrainiens à défendre leur indépendance.

Le plus grand risque est que nous soulagions notre conscience en exigeant de nos gouvernements qu’ils se battent jusqu’au dernier Ukrainien vivant en envoyant tout juste assez d’armes à Kiev pour prolonger le conflit sans véritablement en modifier l’issue.

Guerre économique
Compte tenu de ce refus de combattre pour l’Ukraine ou de lui offrir autre chose que des armes “défensives” pour égratigner son adversaire, la seule arme de poids qui reste est celle des mesures économiques.

Les sanctions économiques sont l’arme de prédilection des pays occidentaux lorsqu’ils sont confrontés à un adversaire auquel ils ne peuvent imposer leur volonté par les voies diplomatiques, ou contre lequel ils ne peuvent – ou se refusent – à employer la force.

Cette arme est toutefois un instrument imprécis, qui fait souvent plus de mal aux citoyens ordinaires qu’aux dirigeants que l’on cherche à sanctionner. Et une fois en place, il est difficile de les supprimer sans que l’une ou l’autre partie ait l’impression de perdre la face.

La facture énergétique va augmenter
Le recours aux sanctions économiques contre Poutine aura également un coût non négligeable pour les pays occidentaux et nous amène à des questions dérangeantes : les gouvernements occidentaux sont-ils prêts à imposer des sanctions autres que purement symboliques – et ont-ils la capacité d’encaisser leur onde de choc à long terme ?

La décision de l’Allemagne de suspendre le pipeline Nord Stream 2 avec la Russie par exemple, va provoquer une augmentation directe du coût de l’énergie pour ses citoyens. Et la crise dans son ensemble se traduira pour les Européens par une hausse de leur facture d’énergie, alors que le coût du gaz a déjà fortement augmenté.

Dans le cadre d’une guerre de sanctions, l’Occident souffre d’une faiblesse systémique. Un responsable européen chargé d’élaborer les sanctions précédentes contre la Russie résume le problème : tout d’abord, les pays comme le Royaume-Uni – d’où j’écris – sont “remarquablement limités” dans leur capacité d’action.

Source : Tom McTague (Grande Bretagne)  Courrier International