*
MontbaZine 2024


Accès aux infirmiers, kinésithérapeutes et orthophonistes

Cette nouvelle loi va notamment permettre aux patients de consulter des infirmiers en pratique avancée (IPA), des kinésithérapeutes et orthophonistes sans avoir au préalable, comme c’est le cas aujourd’hui, à passer par la case généraliste. Mais ce n'est pas aussi simple.



Faciliter l’accès aux soins en désengorgeant les cabinets des généralistes. Alors que six millions de Français, dont 600 000 en affection de longue durée, n'ont pas de médecin traitant, selon Vie Publique. C’est l’objectif principal de la proposition de loi portée la députée Renaissance Stéphanie Rist, votée définitivement ce mercredi 10 mai par l’Assemblée nationale. Vingt-quatre heures après l’adoption par le Sénat des conclusions de la commission mixte paritaire (CMP).

Concrètement, qu’est-ce que ça va changer ?
Cette loi va permettre aux patients de consulter des infirmiers en pratique avancée (IPA, voir encadré), des kinésithérapeutes et orthophonistes sans avoir au préalable, comme c’est le cas aujourd’hui, à passer par la case généraliste.

Gros bémol toutefois : contrairement à ce que voulaient au départ les députés, l’accès direct aux IPA et aux kinés - pour huit séances - sera réservé aux professionnels "exerçant au sein d’une maison de santé pluridisciplinaire, d’un centre de santé ou d’une équipe de soins primaires ou spécialisés". Exit donc, sauf pour les orthophonistes, les soignants regroupés au sein des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Selon Paris Normandie, les praticiens organisés de la sorte couvrent environ la moitié de la population française.

L'infirmier en pratique avancée, qu'est ce c'est ?
Selon l'ARS, la pratique avancée est un nouveau métier, entre médecin et infirmier traditionnel. Elle permet "d’exercer des missions et des compétences" poussés, jusque-là réservées aux seuls médecins. Les infirmiers en pratique avancée ont "la responsabilité du suivi régulier des patients pour leurs pathologies" et peuvent notamment "prescrire des examens complémentaires, demander des actes de suivi et de prévention ou encore renouveler ou adapter, si nécessaire, certaines prescriptions médicales".

Une expérimentation d’un accès direct aux infirmiers en pratique avancée et aux kinésithérapeutes doit toutefois être menée dans six départements pendant cinq ans. Objectif selon des sénateurs : évaluer les effets d’un tel changement "avant toute nouvelle évolution législative".

Les orthophonistes "sont formés au diagnostic et à la thérapeutique, assure le sénateur EE-LV Bernard Jomier, cité par Libération. Comme la plupart exercent en libéral, et pas en maison professionnelle de santé, leur ouvrir l’accès direct sans retenir le cadre de la CPTS n’aurait pas eu de sens".
Le rôle des pharmaciens renforcé

Lorsque la loi entrera en application, d’ici une quinzaine de jours, les pharmaciens pourront quant à eux renouveler les ordonnances des patients souffrant de maladies chroniques. Pour une période de trois mois par délivrance d’un mois. "La disposition permet d’éviter toute interruption de traitement à l’expiration d’une prescription alors que le patient est sans médecin traitant, explique le Sénat. La dispensation du traitement se fait alors sous la condition d’information obligatoire du médecin prescripteur."

Autre disposition : les préparateurs en pharmacie seront autorisés de manière pérenne à administrer certains vaccins.
Un amendement "de dernière minute", ajoute Libération, permettra également de manière pérenne, aux pharmaciens biologistes de pratiquer en laboratoire le prélèvement cervico-vaginal réalisé dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus.

Source : www.midilibre.fr (11-05-2023)